ALEP / SYRIE

Jérôme Sessini
Magnum Photos

27 novembre au 24 janvier 2016
14h-18h / WE: 10h-12h & 14h-18h – Fermé mardi

Jérôme Sessini est photographe de Magnum Photos. Il a couvert de nombreuses zones de conflit: Libye, Irak et plus récemment la Syrie. Pris dans les combats d’Alep, le photographe raconte en image cette guerre.
Bustan al-Bacha, Bustan al-Qasr, Salah al-Din, Al-Amria, Cheikh Saïd, et le quartier de la vieille ville. Ce sont les six fronts d’Alep, ou ce qu’il en reste, là où les destructions se sont additionnées, des fronts parcourus, arpentés par Jérôme Sessini, où rebelles et soldats syriens se jaugent, s’observent, parfois s’insultent, à travers les ruines, et se tirent dessus. Sessini cadre d’abord un paysage urbain fait de gravas et d’éboulis. Des rues désertes, abandonnées, des barricades, quelques silhouettes, quelques ombres furtives, un combattant évacuant un frère d’armes. Et toujours, dans cette guerre d’usure et de position, des immeubles, des bâtiments qui pourrissent sur place. Au diapason d’un pourrissement de la situation, visé par le régime. Quand le photographe se rapproche, il fixe les blessures d’un combattant touché par un sniper à la botte du régime, les intérieurs éventrés par les obus, tapissés de trous, telle une meurtrière, servant de nouveau point d’observation. Si la ville assiégée s’est vidée de ses habitants, on perçoit l’urgence dans les intérieurs de ces appartements habillés de mobiliers, ornés de tableaux, où pendent encore les rideaux. “Que sont devenus tous ces locataires ?” semble s’interroger le photographe…

Mot de l’artiste

“Je suis rentré dans le pays en franchissant un point d’accès contrôlé par l’opposition à la frontière turco-syrienne, puis j’ai payé 250 dollars pour rejoindre Alep en voiture. Fait étrange, la route était fréquentée à la fois par des insurgés et des forces du régime. Difficile de dire quel camp la tenait. Mon deuxième reportage là-bas, d’une durée de trois semaines, s’est déroulé en février 2013.”

Biographie

En 1998, l’agence Gamma donne à Jérôme Sessini l’opportunité de couvrir les conflits alors en cours au Kosovo, puis la Palestine, l’Iraq (entre 2003 et 2008), la chute d’Aristide en Haiti (2004) et enfin, la conquête de Mogadishu par les militaires islamiques et la guerre au Liban (2006). Le travail de Jérôme Sessini est publié par de prestigieux journaux et magazines parmi lesquels, Newsweek, Stern, Paris-Match tout comme Le Monde et the Wall Street Journal.

Il propose également des expositions personnelles au festival Visa Photo à Perpignan, aux Rencontres d’Arles, ou encore à la Bibliothèque Nationale François-Mitterrand. En 2008, Jérôme Sessini commence son projet au Mexique: “So far from God, too close from the US”, un plongeon au coeur de la guerre des cartels de la drogue au Mexique. Ce projet, sur lequel Sessini travaille encore a déjà été récompensé par le F-Award et le prix Getty. Par sa directe confrontation avec la violence, Sessini a reconnu un état des choses qui est au coeur de son travail, “Les types ordinaires sont toujours perdants, qu’ils soient en Iraq, au Mexique ou en France”.
Source: Magnum Photos

partenaires

Ministère de la Culture et de la Communication, Magnum Photos, Région Lorraine, Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Château des Lumières