“La véritable histoire des Super-Héros” et “Multiracial”

Dulce Pinzón

Vernissage jeudi 30 mars à 18h30 – Galerie du CRI des Lumières

Du 30 mars au 18 juin 2017
14h-18h / WE: 10H-12H et 14H-18H – FERMÉ le MARDI

Une exposition en lien avec K-Echo Photo.

Biographie

Née à Mexico en 1974,Dulce Pinzóna vécu aux États-Unis de 1995 à 2011, elle vit et travaille actuellement au Mexique. Après avoir étudié la communication et les médias à l’Université de las Americas à Puebla Mexico et la photographie à l’Université d’Indiana en Pennsylvanie, elle s’installe, en 1995, à New York où elle étudie à l’International Center of Photography. Son travail a été publié et collectionné dans le monde entier.

Ses photographies couleurs sont le résultat de mises en scène savamment élaborées où réel et imaginaire se cotoient. Empreinte de nombreuses références et faisant usage d’une approche métaphorique, son oeuvre porte ainsi un éclairage sur les réalités modernes et met en exergue les dualités et décalages de notre monde actuel. Au travers de ses récentes séries, elle s’est ainsi attachée à questionner des thématiques telles que l’immigration, la destruction de la planète, le réchauffement climatique et le stéréotype de la femme parfaite.

La véritable histoire des Super-Héros (2005-2010)

« Cela fait plusieurs années que je travaille sur ce concept. Je suis moi-même une immigrée. Sur ce projet, je cherche aussi à sortir les personnes de cette manière de vivre leur vie : en anonymat total. Les déguisements ne sont qu’un prétexte pour les sortir de leur anonymat. Mais aussi pour créer un parallèle entre leur emploi quotidien dans la réalité et les pouvoirs surnaturels de chaque super-héros dans la fiction. »

Le travailleur immigré mexicain à New-York est l’exemple même du héros qui passe inaperçu. Il travaille souvent de très longues heures dans des conditions extrêmes et économise sur son salaire, si bas soit-il, au prix d’immenses sacrifices, pour l’envoyer au Mexique, à sa famille et à sa communauté.
Discrètement, l’économie mexicaine est devenue dépendante de l’argent envoyé par des travailleurs résidants aux États-Unis. De la même manière, l’économie américaine devient petit à petit dépendante de la main-d’oeuvre mexicaine. C’est de cet immense sacrifice, passé sous silence et inavoué, que nous parle Dulce Pinzón. Elle rend ici hommage à ces hommes et ces femmes, figures courageuses et déterminées, qui réussissent tant bien que mal, sans le moindre pouvoir surnaturel, à supporter de difficiles conditions de travail afin d’aider leurs familles et communautés à survivre et prospérer.

Multiracial

Nous constatons que dans les grandes villes où l’on trouve les plus importants taux de migration humaine, la forte présence de syndicats inter-raciaux participe à redéfinir cette notion de “race”. Dès lors que les caractéristiques physiques et culturelles ne se rapportent plus à une typologie raciale particulière, il devient bien plus difficile de catégoriser les personnes. Le concept d’identité tend à s’élargir et il se peut qu’à l’avenir, discriminer les individus en fonction de leur apparence devienne une entreprise caduque du simple fait qu’il devient difficile de définir avec certitude l’origine raciale des personnes.
La série se compose de portraits d’individus aux origines ethniques mixtes posant devant des fonds de couleurs primaires. En accentuant la disparité entre les couleurs primaires et en soulignant le caractère ambigu et artificiel des frontières communément admises entre les différentes races, ces images questionnent le concept même de “race”. La fragilisation de ce dernier amène ainsi le spectateur à questionner la réalité de son existence dans la Nature.

Partenaires

K-Echo Photo, leMinistère de la Culture et de la Communication, laRégion Grand Est, leConseil départemental de Meurthe-et-Moselle, la Ville de Lunéville et leChâteau des Lumières